L'US Holving

Catégorie
Histoire
Date
1 septembre 1935
Lieu
Holving - Rue du Stade
57510 Holving, France

 

Il y eut un gros village, composé de six hameaux, avec une belle église gothique, une vieille cha­pelle du début du XII 0 siècle, et un grand cimetière où reposent ceux qui l'ont quitté, sans espoir de re­tour.

Il est depuis sa naissance, l'otage d'un ruisseau paresseux, qui sillonne un val qu'il inonde réguliè­rement, comme pour empêcher les six hameaux de s'unir, et la commune de grandir.

On l'appelle "Holvinger Dahl", dans le langage du pays; pour les autorités, c'est la commune de Holving, qui fut dans le temps le Val-de-Holving, puis alternativement Holwingen" ou "Holving", au fil du temps et au gré des guerres, dont notre pays, bien que du côté des vaincus, sortait toujours victorieux.

Le Val-de-Holving, de son vrai nom dans l'histoire depuis de nombreux siècles, comptait peu de jeunes gens après la Grande Guerre, et le choléra des années 1840, avait déjà cassé l'essor démographi­que qu'il allait prendre.

A la Communion solennelle, célébrée en 1931 par l'Abbé UNTEREINER dans l'imposante église gothique dont le Curé Henri ZUTTERLING avait doté la paroisse peu avant 1870, participaient neuf garçons et filles de la classe 1919.

Cette époque, qu'on appelait «les années creuses », n'était pas propice pour la création d'une équipe de football, et les communiants des années 1930, devaient bon gré mal gré attendre la puberté de leurs jeunes frères, pour former des équipes, et jouer au ballon rond suivant les règles de l'art.

Comme les vétérans d'aujourd'hui ne manquaient pas d'imagination, ils cherchèrent et trouvèrent à remplir les loisirs que leur laissaient les travaux des champs, par des divertissements autres que les corvées quotidiennes.

En été, c'était le ruisseau "Mutterbach" qui leur offrait ses eaux limpides (à l'époque), pour de mémorables ébats naturistes. Ces genres d'exhibitions en «costume d'Adam », régulièrement fustigées en chaire, par le curé, informé par les filles, étaient le moyen infaillible d'obliger les pauvres parents, de procurer des maillots de bain aux coupables. Et, en hiver, ses glaces pour d'interminables glissades. A défaut de patins à glace, les "godasses", soigneusement cloutées, remplirent cet office, et un manche à balai astucieusement ferré d'une solide pointe, servait à propulser, avec une surprenante aisance, le "patineur" qui l'enfourchait.

C'était un véritable exploit sportif, qui n'avait rien à envier au patinage classique inaugure au dé­but des années 40, grâce aux merveilleuses glaces de l'étang de Hirbach, et aux rigoureux hivers de l'é­poque.

Les parties nocturnes de luge, leur apportaient, pendant les longues soirées d'hiver, le complément nécessaire à leurs distractions diurnes.

A ces "activités" saisonnières, s'ajoutaient des compétitions d'un genre particulier, parfois dange­reuses, toujours brutales, dont la pratique a remonté dans la nuit des temps: alors que les filles sautaient à la corde jusqu'à l'épuisement, ou s'exerçaient à sautiller sur un pied dans des figures géométriques tracées à même le sol, (sans oublier le jeu du cerceau des poussins, et celui de la toupie des minimes), les garçons organisaient de longues parties de "base-ball", avec des boites à conserves vides en guise de balle, et des gourdins de battes.

Inutile de préciser, que ces parties se terminaient invariablement par des bosses sur les tibias, et que les "champions" rentraient régulièrement clopin-clopant chez eux, où leur mère les attendait pour les traditionnelles compresses au "schnaps".

Les vénérables pères de famille, qui n'avaient pas pu s'associer pour une culture autre que celle des champs, ni pour pouvoir organiser leurs loisirs autrement qu'au coin du feu, pendant les longues veillées d'hiver, meublées d'épouvantables histoires de loups, d'ogres, de fantômes et de revenants, à faire frémir l'assistance, et parfois de savoureuses anecdotes, plus ou moins fabuleuses, et souvent épi­cées d'un brin de médisance, ne savaient cependant pas manqué d'initier leur progéniture aux jeux trans­mis de génération en génération.

Ce fut ainsi, que se perpétua le jeu du "Wehrwolf' ou "loup- garou, et le cruel "Plumpsack", vrai passage à tabac, et sans oublier la douloureuse partie de "Schunken-kloppen", véritable fessée collective organisée en jeu de société.

D'interminables parties de cache-cache, dans les granges et les greniers, auxquelles les filles étaient admises, avaient heureusement fait oublier à la jeunesse d'autrefois, leurs mauvais passe-temps.


ET MAINTENANT, VENONS-EN AUX CHOSES SERIEUSES.

Les débuts du football à Holving.

L'année 1935, avec le premier cantonnement de troupes dans les fermes de la commune, pour par­ticiper à l'établissement de la fameuse "Ligne Maginot", marqua un tournant dans le comportement an­cestral de la population, et pour la jeunesse, la perspective de loisirs organisés.

Les grands travaux de génie militaire, avec la construction de routes, d'ouvrages de fortification, et le rétablissement de l'ancien étang de Hirbach, connu depuis le début du XIIIe siècle, mais asséché pen­dant la révolution française, ont contribué à ouvrir de nouveaux horizons è la commune, figée jusque-là dans un stade presque exclusivement agraire.

La croissance de l'effectif des jeunes gens du pays et des villages voisins, après les années creuses de la grande guerre, et la participation des soldats cantonnés dans la commune, permettaient enfin la for­mation d'une première équipe, et l'organisation de rencontres amicales.

A défaut d'un terrain propre à l'équipe, les matches eurent lieu, de manière improvisée, dans les prés mis gracieusement à disposition, grâce à la bienveillance de quelques mécènes.

Toutes les tentatives en vue de créer un terrain convenable, à l'emplacement actuel, propriété com­munale, échouèrent lamentablement, par suite du refus obstiné des édiles de l'époque, à cause des protes­tations véhémentes de certains exploitants des lots communaux situés à cet emplacement.

Malgré cette obstruction, une première rencontre eut lieu, entre l'équipe locale et une formation des soldats du 41e R.I.C., après la fenaison, dans un grand pré, situé près du pont de Diederfing, mis gra­cieusement à notre disposition par le regretté Joseph FUSS.

Il est inutile de revenir sur l'issue et le score de cette "première mémorable", lorsqu'on se rappelle, que certains de nos adversaires sortaient de grandes équipes, comme celle de Sochaux.

Petit à petit, les résultats s'améliorèrent avec la disparition des "godasses" (notre camarade A.

WAGNER, avait pu acheter une paire de chaussures "Hungaria", au prix fou de 35 francs, dépense à la­quelle toute la famille avait participé) et l'apparition d'un équipement sommaire mais uniforme.

Bientôt, le F.C.H. arrivait à se mesurer avec les équipes des villages voisins - qui possédaient des terrains -, et à participer aux tournois de la région, grâce au " renfort fourni par l'armée."

Malheureusement, l'évacuation en septembre 1939, en Charente, avait mis un terme à notre rêve.

Après le retour de la population, en automne 1940, le grave problème du relogement posé par les ruines laissées par la guerre, et l'absence de plusieurs anciens joueurs, retenus dans les camps de jeunesse de Vichy, ne permettaient pas une reprise immédiate des activités sportives.

La création d'un terrain de sport.

Il fallait attendre de longs mois, avant de pouvoir introdui-re auprès du conseil municipal, une nou­velle demande d'attribu-tion du terrain communal situé au lieudit "Schul-Aht", à proximité du centre du village de Holving, et des écoles, sur lequel nous avions jeté notre dévolu.

Notre demande ayant été favorablement accueillie par la muni-cipalité, notre objectif était atteint. Désormais., il fallait se mettre à la tâche, pour niveler les nombreuses parcelles nécessaires pour la création d'un terrain aux dimensions convenables.

Par un beau lundi de la Pentecôte de 1942 , le tracteur "Lanz" de Jules KARST de Bettring se mit à remanier la structure du sol, en traçant des sillons dans le sens transversal, pour permettre de créer une surface plane.

Malgré le passage des herses et des bineuses, une tâche fastidieuse nous attendait pour achever le nivellement avant l'ensemencement, au moyen de pelles, de râteaux et de brouettes.

Cette besogne, menée avec l'acharnement géné­reux propre à la jeunesse, permit dès le printemps 1943 d'inaugurer un terrain exemplaire, aux dimen­sions olympiques, et d'intégrer le F.C. Holving dans les compétitions avec les autres équipes de la ré­gion.

Le plaisir fut de courte durée: l'incorporation de force par l'occupant, au mépris du droit des gens, de toute la jeunesse, dans ses formations militaires et paramilitaires, mit brutalement un terme à nos débuts prometteurs.

Il est de notre devoir, de rappeler ici, le souvenir attristé de nos camarades qui ne sont pas revenus dans nos rangs, et qui ont perdu leur vie, pour une cause qui n'était pas la leur.

La résurrection de l'Union Sportive de Holving

Le premier août 1945, un groupe de dix mécènes, s'était réuni au restaurant DOURSON, à Hirbach, « aux fins de la fondation d'une association ayant pour but la pratique de l'éducation physique et des sports ».

Tous les anciens n'étaient pas encore rentrés dans leurs foyers, lorsque l'U.S.H. fut ressuscitée, mais le passé n'était pas encore tombé dans l'oubli: les anciens maillots jaunes, rayés de noir, furent sor­tis des placards.

On se rappelait aussi, des moments difficiles, où chacun devait payer de sa poche, les frais de dé­placements.

En automne 1945, la Fédération Française de football avait accordé des licences aux joueurs nés avant le premier janvier 1927, par l'intermédiaire de la Ligue Régionale de Nancy, en sorte, que l'U.S.H. pouvait participer aux compétitions de la saison 1945/46.

Les anciens garderont un souvenir émerveillé de l'enthousiasme et du soutien généreux de la po­pulation pour leur équipe.

Grâce à cette solidarité, il fut possible de réaliser rapidement un équipement correct des joueurs, malgré la pénurie qui existait encore à l'époque.

On se rappelait également des fidèles supporters, qui accompagnaient régulièrement l'équipe, sans jamais lui reprocher une défaite.

Avec la libération, et le retour des incorporés de force, qui avaient survécu à la tourmente, la situa­tion s'améliora rapidement.

Al' occasion de la fête patronale de 1946, la club avait pu organiser un premier tournoi, avec la participation de nombreuses équipes des environs, suivi d'un grand bal, tenu dans l'ancienne salle de classe des filles.

L'US HOLVING aujourd'hui

Une figure emblématique de l'U.S. HOLVING nous a quittés en 2009. Personne à multiples facettes, Albert DOURSON a été l'un des membres fondateurs de notre club.

Jovial et toujours de bonne humeur, aimant le contact humain, Albert était le dernier président d'hon­neur de l'U.S. HOLVING depuis plus d'un demi siècle, le foot était toute sa vie.

Une pensée particulière aussi pour BEPI qui nous a encouragés jusqu'aux derniers instants. Personnage discret et attachant, il a énormément œuvré pour la bonne marche du club.

A eux deux qui nous ont quitté pour d'autres cieux le FOOT, c'était leur passion.

Mille fois merci à eux.

La vie du Club

Malgré le départ d'un nombre important de joueurs cadres, notamment de l'équipe A (quelques-uns pré­férant prendre du plaisir en 3e division de district), l'US HOLVING maintient le cap en PHR, en se clas­sant 4e avec 16 points, grâce notamment à quelques scores mémorables à ce niveau: 5 à 0 contre Sarre­Donon ou 4 à 0 contre Anzeling.

Avec le renfort de joueurs de qualité, José Firmery a pu inculquer sa hargne sur et en dehors du terrain. Il a pu travailler sereinement grâce à un groupe de qualité, moins technique que par le passé, mais avec un esprit de camaraderie retrouvée, tous solidaires les uns des autres. Le club possède aussi dans ses rangs un buteur, Micky, ainsi qu'un joueur expérimenté, Filorizzo, omniprésent sur le terrain, moins ba­vard aussi.

L'équipe réserve, malgré un départ laborieux et longtemps incertaine quant à sa participation, se dé­brouille plutôt bien et se classe 6e avec 12 points, juste derrière les grosses écuries. Avec la vista et la fermeté de Fabien Muller sur la touche, gageons que cette équipe saura grappiller les points nécessaires pour assurer son maintien.

Les jeunes pousses continuent à bien se comporter et assurent la pérennité du club.

 

 

 
 

Toutes les Dates

  • 1 septembre 1935
Fil d'actualité introuvable
FRHPA Lorraine, logo du site campingenlorraine

Calendrier